Turf Magazine


Éditorial
Enjoy ! Bernard Delaitre

Depuis que le Mauritius Turf Club, sous l'impulsion du président Gilbert Merven, a lancé la concept du Week-End international, Turf Magazine a choisi la formule du double magazine afin de faciliter la tâche de ses lecteurs pour que ceux-ci soient munis pour la journée de samedi et de dimanche de leur propre magazine. Nous réitérons cette année encore cette formule de deux magazines pour le prix d'un pour que cette saision encore vous soyez aux premières loges d'un week-end hippique de tout premier choix avant que le rideau d'une saison haute en couleurs ne soit définitivement baissée.

Le Mauritius Turf Club et ses sponsors Air Mauritius et Sun Resorts n'ont pas lésiné sur les moyens pour offrir aux turfistes mauriciens un plateau de jockeys internationaux faisant partie de la crème de ce métier dans le monde. On regrettera l'absence du champion de l'an dernier, Christhophe Soumillon, mais on découvrira avec grand plaisir Stéphane Pasquier, l'un des meilleurs français du moment. Et c'est avec un plaisir renouvelé que nous retrouverons les Dettori, Peslier et Murtagh. Un plateau de choix à qui nous adjoindrons deux inédits dans notre île, l'irlandais Queally et le citoyen des Emirats arabes Unis Atjebi, vainqueur de 4 groupes I cette saison. Sans oublier nos deux représentants locaux Shane Dye et Glen Hatt qui auront la chance de se frotter à leurs célèbres collègues. Et l'incontournable Dominique Bœuf qui fera office de réserve de luxe.

Il y aura dimanche la course réservée aux féminines, dernière étape de leur championnat Fegentri, mais on assistera aussi au championnat des juniors où trois Mauriciens seront en lice, l'ancien Joorawon, l'étoile montante Teetan et le chanceux Hoolash. Ils trouveront sur leur route cinq étrangers aux dents longues dont Maxime Guyon que nous connaissons bien mais qui a, depuis, pris plusieurs galons car il est aujourd'hui l'un des jockeys du top trainer français André Fabre. On verra à l'œuvre pour la première fois l'espoir français Mikael Barzalona, le Sud-Africain Mansour, l'Indien Narredu et une femme jockey en la personne de l'Anglaise Hayley Turner qui connaît une carrière fulgurante dans son pays d'origine.

Le Mauritius Turf Club a également convié des invités de marque dans le giron hippique mondial. On y note la présence du président de la fédération internationale des autorités hippiques Louis Romanet, qui dans une interview pleine de bon sens et sans langue de bois éclaire le débat sur plusieurs aspects du monde hippique et nous souhaitons vivement que nos acteurs hippiques en prennent bonne note. On accueillera aussi Yasir Mabrouk de l'Emirates Racing Association et Bertrand Belinguier, un ex- président du PMU français.

Tout ce beau monde a assisté, hier soir, au tirage au sort lors de la nuit des Equidors et les jockeys ont pris connaissance de leurs montes pour ce week-end international. Ils devront tirer le meilleur parti de ces équidés que les propriétaires et entraîneurs mauriciens ont bienveillamment - et nous les félicitons pour leur concours - mis à la disposition du Mauritius Turf Club pour faire de cet événement attendu un véritable succès. Souhaitons simplement que le beau temps, qui a souvent fait défaut cette année, soit au rendez-vous.

La fin d'une saison hippique, c'est aussi l'heure des bilans. Ce fut une belle saison sportive dans l'ensemble, aspect que nous traitons dans l'éditorial de l'édition de dimanche. C'est surtout l'augmentation des journées qui a montré des signes encourageants pour le côté financier de l'industrie, même s'il faille reconnaître que les moyens actuels, en termes de parc de chevaux compétitifs, surtout dans les catégories supérieures et de courses de fond, sont limités. Il faudra dans l'optique de la nouvelle saison renforcer ce volet là si on veut absorber les 37 journées de façon satisfaisante. Il n'y a pas eu de grande et visible réalisation de l'administration du club cette année, un peu engluée par des divisions internes consécutives à l'assemblée générale houleuse avec les Balgobin, si ce n'est une augmentation sensible du stakes-money de plus de Rs 15 millions avec des primes de plus d'un million de roupies pour les vainqueurs du Maiden et de la Coupe d'Or.

Mais, dans la discrétion, Gilbert Merven, qui boucle son mandat de président honorablement avec des réalisations tangibles, et ses collègues ont surtout planché sur deux projets majeurs qui devraient changer la face des courses dans les années à venir. Une nouvelle politique de gestion financière des écuries basée sur ce qui se fait à Hong Kong et chapeautée par le MTC - qui condamne en quelque sorte la gestion actuelle des nominateurs- est en gestation et devrait voir le jour pour la saison 2010. Il y a aussi et surtout le projet d'un nouveau centre hippique associé à un hippodrome à Côte D'or ou à Pierrefonds dont une nouvelle étude de faisabilité est en cours.

Du côté des commissaires de courses, où il faut reconnaître que la tâche est plus ardue car sous les feux des projecteurs à tout moment, la saison a été mi-figue, mi-raisin. Même si nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde concernant les rétrogradations, il faut noter qu'il y a eu de la part de la chambre une certaine constance en la matière. En revanche, du côté des sanctions, il apparaît que les " grands " ont bénéficié d'une plus grande indulgence et que les commissaires ont fait preuve d'une tolérance inacceptable vis-à-vis d'autres, laissant même tomber l'un de leurs collègues en cours de route. Dans cet aspect du contrôle des courses, à moins qu'un des membres n'exprime publiquement un avis contraire, nous estimons que les satisfecits ou critiques s'adressent à l'ensemble des commissaires de courses.

Par contre, pour ce qu'il s'agit du management au quotidien des courses, il ne faut pas se voiler la face et il faut entendre le bruit sourd d'un malaise grandissant et des récriminations contre Ian Paterson. Ce qui lui est surtout reproché par les professionnels de courses, c'est son interventionnisme sur la catégorisation et ses modifications de fourchettes de rating des courses. Ce que lui explique comme étant le résultat du souci de faire le plein des partants, bien à l'avance, est stigmatisé par ses détracteurs comme une possibilité de favoriser l'inclusion de chevaux qui ne seraient normalement pas qualifiés. Là aussi, il faudra intervenir et profiter de l'intersaison pour se mettre autour d'une table et établir des règles nettes et claires qui satisferont toutes les parties pour qu'on ait une saison prochaine de haute facture et que les rivalités soient saines et uniquement sur la piste.

Enjoy ! sera donc le mot de la fin et le souhait que nous adressons à nos lecteurs, annonciers et placiers, MTC, professionnels de courses, bref à nos partenaires pour les fêtes de fin d'année, en leur exprimant à tous nos vœux de bonne et heureuse année 2010.