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"Il y a eu vraiment de quoi se réjouir cette semaine
mais ne jubilons pas trop vite car il suffit d'écrire
que tout va bien pour que la situation se détériore
rapidement", écrivions-nous la semaine dernière
dans cette même rubrique. Et il n'a pas fallu attendre longtemps
pour assister de visu à la pire des journées de
l'année sur la piste.
Et les commissaires de courses n'ont pas chômé. Cinq
jockeys et non des moindres ont été sanctionnés
pour des montes suspectes et au moins trois autres auraient pu
avoir rejoint cette liste, peu enviable de comportements, qui
ne fait pas honneur à l'hippisme. Et même ceux qui
ont été sanctionnés s'en tirent plutôt
à bon compte car deux semaines de suspension et des broutilles
d'amende pour des montes scandaleuses - ce n'est vraiment pas
cher payé - comparativement à l'éventuelle
récompense reçue - pour le préjudice causé
aux propriétaires de ces chevaux et de ces nombreux parieurs
qui leur ont fait confiance.
Prenons pour exemple la troisième épreuve. Tout
le Champ de Mars savait qu'il y aurait un coupe-gorge à
l'avant pour favoriser les desseins d'un finisseur dans cette
course. C'est exactement ce qui s'est passé et ce qui est
choquant c'est qu'un jeune apprenti aussi prometteur que Hoolash
se risque à une monte aussi controversable pour rien, alors
qu'elle pourrait lui coûter sa carrière. Même
s'il se chuchote que sa sanction en course sera suivie d'autres
actions administratives, il n'en demeure pas moins vrai qu'il
est très difficile de nous convaincre qu'il a agi de son
propre chef. S'il mérite une sanction plus lourde et une
plus longue mise à l'écart pour bien comprendre
la portée de son acte, il est surprenant que l'autre acteur
de ce mano à mano, son collègue Teeha, n'ait même
pas été interrogé pour avoir, lui aussi,
ruiné les chances de son cheval en répondant à
l'insistance de son adversaire. Ce qui est plus étonnant
encore, mais l'est-il vraiment, c'est qu'une telle mascarade de
course n'ait pas titillée la curiosité de la Police
des Jeux, car il y a des moyens avec les protagonistes de ce vol
à main armé de faire trembler, en les traquant,
ces tireurs de ficelle de l'ombre qui ont "set up" le
scénario final de cette course. Une fois encore les commanditaires
pourront dormir tranquille et ce sont les plus vulnérables
d'entre eux, consentants et alléchés par ces milliers
de roupies irrésistibles, qui paieront la note.
Un jockey frappé pour des raisons évidentes aux
abords d'une discothèque avec force témoin il y
a quelques semaines, une course courue dans des circonstances
scandaleuses, tout cela ne semble émouvoir personne excepté
les commissaires de courses qui ont fait leur boulot mais dont
la mollesse intrinsèque de l'action - puisqu'ils n'agissent
que sur le déroulement de la course et pas sur les circonstances
l'entourant - ne découragera personne.
La colère des turfistes gronde et certains professionnels
de course se disent perplexes. La situation est donc grave. Il
est temps pour la Gambling RegulatoryAuthority d'agir en poussant
à l'action la Police des Jeux. Il n'y a pas que les palefreniers
qui dopent les chevaux qui doivent payer, les autres tricheurs
doivent aussi connaître le même sort, sinon il ne
faudra pas s'étonner d'entendre les quolibets disgracieux
du public à l'encontre des autorités. Définitivement,
certains turfistes ne semblent plus disposés à être
les dindons de la farce.
Tout cela a repoussé au second plan la belle performance
de War Of Conquest - qui n'avait sans doute pas besoin
du coup de pouce très généreux d'April
Boy dans les premiers cent mètres de la course dont
l'entourage méritait aussi une remontrance malgré
les instructions - qui a d'ailleurs soulevé l'enthousiasme
du public lorsqu'il plaça un démarrage dévastateur
aux 600 mètres. Est également passé au second
plan le beau triplé de Gaëtan Faucon avec Leatherman,
Tito Manolo et Desert Storm - dont tous les adversaires
semblaient bien complaisants - qui aurait pu engranger une quadruple
victoire avec Constellation, mais en laissant filer Road
To Athens, tout le monde a été surpris par le
Great Masterpiece de Glen Hatt. Espérons pour le
Français que cet égarement ne lui coûtera
pas le titre en fin de saison.
Enfin, nous ne pouvons passer sous silence l'intervention de Bud
Gujadhur chez notre confrère L'Express Turf la semaine
dernière à l'effet que " la perception est
que les Racing Stewards veulent atteindre Paul Foo Kune en sanctionnant
les jockeys de l'écurie Fok pour la déstabiliser
" Une accusation voilée publique et grave restée
jusqu'ici sans soutien officiel des autorités aux commissaires
de courses. Dans la foulée il précisait que le Chief
Stipe doit être above aboard pour ne pas être
vulnérable et influençable aux pressions et qu'il
devait nécessairement être free of all financial
constraints. Même si sur le fond et dans sa généralité
concernant les devoirs et responsabilités du stipe, l'entraîneur
de l'écurie Fok a raison, il n'en demeure pas moins vrai
que dans le timing actuel et le contexte de ses relations tendues
avec le Board des commissaires, en particulier avec le Chief Stipe
Ian Paterson, sa réflexion est interprétée
comme une attaque directe contre l'autorité et l'intégrité
du Chief Stipe actuel, et sa mise au point dans l'Express samedi
n'a pas atténué cette perception. Ancien vice-directeur
d'une institution comme la Banque de Maurice, directeur au sein
d'une grande compagnie comme Rogers, Bud Gujadhur doit mesurer
la portée de ses déclarations publiques qui jettent
le doute sur une institution aussi indispensable aux courses qu'est
la chambre des commissaires de courses. S'il détient des
informations fiables sur ces financial constraints qui
perturbent les stewards dans leur action il serait salutaire qu'il
les rende publiques pour que les brebis galeuses débarrassent
le plancher. Autrement, il n'aura ni plus ni moins fait qu'émuler
les enfants Balgobin et ce dans l'impunité et un silence
inquiétant des commissaires administratifs qui ont le devoir
de rassurer les turfistes que leur institution n'est pas gangrenée.
Il y a décidément une drôle d'ambiance au
Champ de Mars ces jours-ci. On y assiste à la béatification
de propriétaire controversé et à la diabolisation
des Commissaires de courses.
Le monde à l'envers quoi !
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