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Il y a définitivement une sacrée différence
entre ce qui se déroule sur la piste et ce qui se passe
dans les coulisses au Champ de Mars ces jours-ci.
Le meilleur a actuellement lieu sur la piste et les turfistes
ont eu leur dose de satisfaction avec la nouvelle envolée
de The Cardinal dont malheureusement on n'avait pas suffisamment
mis en exergue le retour au premier plan avec l'affaire Hold
My Jacket la semaine dernière. Lors de la 11ème
journée, il est venu souffler la victoire au bon cheval
de l'écurie Perdrau, Pleasing Dancer, monté
à la perfection par un Glen Hatt déterminé
- à tel point qu'il avait délaissé pour une
semaine son pain/ gâteau piment pour faire le poids - mais
qui n'a pu résister au finish dévastateur du cheval
de l'écurie Fok. Ce coursier lorsqu'il est sagement monté
sur sa distance de prédilection (1365/1400m) possède
une pointe de vitesse finale dévastatrice, surtout dans
les 100 derniers mètres. Il nous rappelle dans une certaine
mesure les fins de course de Dr Kwan qui avait fait le
bonheur de l'écurie Ruhee dans les années 70 mais
qui était plus éclectique en terme de distance.
Il y a aussi eu le formidable coup de quatre de l'écurie
Gilbert Rousset qui connaît avec un effectif moyen un début
de saison de rêve avec à la clé un triplé
de Shane Dye, revenu au devant de la scène pour de bonnes
raisons. On a également noté le retour en forme
du tandem Mahess Ramdin/Rai Joorawon, auteur d'un joli doublé
avec les très utiles Wings Of Simon et For Keeps.
Tout cela dans des courses limpides. Il y a eu vraiment de quoi
se réjouir cette semaine, mais ne jubilons pas trop vite
car il suffit d'écrire que tout va bien pour que la situation
se détériore rapidement.
En revanche, ce qui se passe dans les coulisses inquiète.
La valse hésitation du jockey australien Danny Nikolic
pour monter samedi dernier après sa suspension écopée
la veille est révélatrice du malaise qui s'est installé
entre certains professionnels et les commissaires de courses.
Le fait que l'entraîneur Bud Gujadhur et le nominator Guy
Fok aient manifesté leur soutien à leur jockey en
ne se rendant pas sur la piste pour accueillir Le Cardinal
renforce ce malaise. Même si nous pouvons comprendre la
frustration des uns et des autres, nous pensons que ces réactions
publiques et pas fair-play n'honorent pas l'hippisme et
auraient dû faire l'objet de l'attention des autorités.
Car ce type de manifestation perturbe les turfistes qui ne savent
plus si les chances de ces chevaux seront défendues dans
les meilleures conditions. En outre, il existe des procédures
claires pour protester contre tout éventuel abus des commissaires
de courses et il eut été plus professionnel et moins
" enfant gâté " de choisir cette voie.
Une procédure qui a finalement été choisie.
Certes, le timing de l'enquête qui a abouti, à la
veille d'une journée de courses semi classique, à
la suspension du jockey Nikolic a de quoi faire monter l'adrénaline
des uns et des autres, surtout lorsqu'ils l'estiment injustes.
Mais il faut se poser la question sur les raisons obscures pour
lesquelles l'enquête en référence n'avait
pu avoir eu lieu le mardi comme de coutume, alors que Serge Henry
l'autre protagoniste dans cette affaire, justement irrité,
avait vainement patienté de longues heures.
Mais il y a définitivement de l'eau dans le gaz entre l'écurie
Fok et la chambre des commissaires. Et personne ne peut à
ce stade affirmer si les échanges d'idées animés
- très animés - entre Bud Gujadhur et Ian Paterson
et la demande d'explication du jockey Nikolic au Chief Stipe
ont attenué les tensions existantes. Mais il reste un profond
désaccord sur ce que les membres de l'écurie Fok,
relayés dans nos colonnes par Henry Leblanc qui dit toujours
tout haut ce qu'il pense, appellent l'utilisation abusive du
Rule 160 (i) des Rules of Racing du MTC " for failing to
ride
to the satisfaction of the Stewards " et qui
leur cause un préjudice énorme, puis qu' "
en dix journées de courses, les deux jockeys engagés
par l'écurie, Sherman Brown et Danny Nikolic, ont écopé
de dix semaines de suspension ". A tel point que le propriétaire
de l'écurie Fok parle de traitement discriminatoire en
précisant bien toutefois " souhaiter que cette
impression ne reflète pas la réalité ".
L'accusation est suffisamment grave pour que les commissaires
administratifs se saisissent de cette affaire en toute urgence
et rassurent dans les plus brefs délais les protagonistes.
Sinon, la situation deviendra intenable pour les commissaires
de courses, qui, à notre humble avis tirent plutôt
correctement les marrons du feu, même s'ils laissent ici
et là "room for gossip ". S'il ne faut
pas donner trop d'importance aux palabres sur les questions de
nationalité, il faut par contre mesurer à leur juste
valeur les interrogations sur le rule 160 (i), et puis d'autres
actes qui ne relèvent pas directement des Racing Stewards,
mais qui y sont liés et qui minent leur autorité
comme ces variations de rating ou les changements du poids maximal
qui continuent à pénaliser injustement les chevaux
du haut de tableau.
Il faut rapidement rétablir la confiance entre cette instance
indispensable aux courses et toutes les autres parties en rappelant
aux uns et aux autres qu'elle n'est pas l'affaire d'un seul homme,
mais bien celle d'une équipe et que les décisions
sont collégiales, constantes mais aussi fair. C'est
le défi qu'ont à relever hebdomadairement - et ce
n'est pas une mince affaire - Ian Paterson, Stéphane de
Chalain, Michel Halbwachs, Marc Piat, Tanvir Adamjee, le Dr Abdoollah
Atchia et Julie Cautres qui ont une tâche ingrate mais pas
le droit à l'erreur. Ils avaient pourtant passé
le test avec satisfaction la saison passée !
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