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Une fois n'est pas coutume, Shane Dye a encore fait la une de
l'actualité hippique cette semaine et cela pour de mauvaises
raisons. Sa monte sur le grandissime favori Hold My Jacket
dans l'épreuve principale, samedi dernier, a fait l'objet
de critiques acerbes. Bref, après cette épreuve
tout le monde allait de son commentaire puisque le jockey néo-zélandais
n'avait pas sollicité son cheval sur la première
partie de la ligne droite finale et le fait qu'il se soit retourné
pour jauger ses adversaires - il a regardé aussi bien à
droite qu' à gauche et non uniquement The Cardinal
comme ont voulu le faire accroire certains esprits malveillants
- a davantage excité l'esprit malsain de certains qui ont
bruyamment manifesté leur colère. Il est indéniable
que le live and direct a choqué. Nous l'avons nous-même
été comme nous l'avions été une semaine
auparavant concernant Country Song qui, à notre
avis instantané, avait trop longtemps musardé a
l'arrière-garde mais les explications de Gaëtan Faucon,
a posteriori, étaient tout à fait acceptables.
Cela dit, nous sommes convaincus, au visionnage du film de la
course et connaissant les caractéristiques intrinsèques
au cheval, que Hold My Jacket a été monté
au mieux de ses chances et qu'il a simplement été
battu par meilleur que lui ce jour-là avec le retour au
premier plan de The Cardinal dont on ne parle pas suffisamment.
Certes, Shane Dye a tardé pour solliciter franchement Hold
My Jacket alors qu'il avait déjà pris la mesure,
sans sollicitation, de tous ses adversaires mais l'historique
de cet équidé, à une exception près,
démontre que lorsqu'il se retrouve en tête trop tôt
il a tendance à s'arrêter. Lorsque Shane Dye lui
a finalement demandé de produire son effort, le cheval
n'a pas répondu à ses sollicitations et The Cardinal
n'en a fait qu'une bouchée. On verra à leur prochaine
confrontation si l'apport des pacifiers sur Hold My Jacket
changera la donne.
Il ne nous appartient pas de venir défendre le jockey Dye
qui s'est battu bec et ongles, sans succès, devant les
commissaires dans l'enquête logique qui a suivi cette épreuve,
mais il est de notre devoir de journaliste hippique de dire les
choses telles qu'elles nous apparaissent, même si elles
n'épousent pas le courant majoritaire du moment. Et dans
cette conjonction nous pensons que la sanction qui lui a été
infligée est sévère et que les commissaires
de courses ont plus cédé à la pression populaire,
voire de certains professionnels et officiels de courses, plutôt
que jugé sur les " merits of this case ".
Pour une monte et une défaite semblable le 3 novembre
2002 - le grandissime Royal Deed fut battu d'une encolure
par l'outsider Aramon - pourtant sur un champion sans problème
préalable connu, Jeff Lloyd avait été, lui,
sanctionné d'une amende (Rs 25,000) bien qu'il eut reconnu
son erreur tout en précisant qu'il avait suivi les instructions
de son entraîneur lors de l'enquête qui avait suivi.
A l'époque nous écrivions ce qui suit et les mêmes
remarques s'adressent au jockey Dye : "
Malheureusement
l'exploit de Jeffrey Lloyd est entaché d'une sanction
des commissaires de courses pour sa monte scandaleuse pour certains,
compréhensible pour d'autres sur Royal Deed dans
la course principale de la dernière journée
Certes,
personne ne pourra affirmer que Royal Deed l'aurait emporté
si le jockey s'était montré plus énergique
à l'entrée de la ligne droite finale et , sans doute,
beaucoup de ses détracteurs du jour auraient crié
au génie s'il avait conservé l'avantage jusqu'au
bout. Mais l'histoire retiendra que Lloyd "has left
room for query for the stewards and suspicion for the public"dans
cette course en ne sollicitant pas son cheval comme on aurait
pu attendre qu'il le fasse. Un jockey de sa trempe et de son expérience
n'aurait pas dû se mettre dans une telle situation. Il doit
comprendre qu'avoir trop voulu " save his horse "
de très nombreux turfistes s'estiment lésés.
"
A Maurice, peut-être plus qu'ailleurs, il y a la perception
des choses. Et cette perception est la mère de tous les
maux de la société. Même si le concept de
" local rules "est absurde dans le cadre de la
mondialisation des courses, il est indéniable que les réalités
locales pèsent et que tous les professionnels de courses
doivent mesurer la portée de leur comportement en piste,
dans le paddock et hors hippodrome. Ainsi, l'incident vécu
en direct dans le paddock entre l'entraîneur Soon Gujadhur
et son jockey Herholdt, quelles qu'en soient les raisons, est
très condamnable et ne donne pas une image valorisante
des courses. Cela méritait au moins un rappel à
l'ordre. Mais il n'y a pas que les professionnels de courses
à faire preuve de retenue, il y a aussi le public qui doit
évoluer et nous, hommes de presse, devons assumer notre
part de responsabilité dans cette non-évolution
des mentalités hippiques locales. Oui, il y des travers,
des courses suspectes (la 3e et la 8e de la semaine dernière),
des combines et des combinards, mais il n'y pas que cela. Il y
a aussi des hommes et des femmes qui travaillent dur dès
les petites heures du matin pour nous offrir avec le noble animal
qu'est le cheval du beau spectacle chaque semaine avec parfois
des travers que nous condamnons avec vigueur. Et cela, il faut
de temps en temps se le rappeler.
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