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Deux divorces entre propriétaires et écuries ont
été enregistrés ces dernières semaines.
Paradoxalement - mais cela n'est pas une surprise dans le contexte
mauricien - ce sont deux écuries qui ont remporté
des courses cette semaine qui connaissent tous les désagréments
liés à ce type d'événements qui laissent
souvent des traces de désamour graves après pourtant
des grands moments de bonheur partagé à l'occasion
de victoires mémorables. Mais voilà, l'argent des
paris étant le nerf de la guerre des courses hippiques
dans notre pays - surtout lorsqu'il est perdu malgré les
victoires - la rancur s'installe et l'incompréhension
grandit d'autant plus que le sentiment - ce qui n'est pas nécessairement
la réalité - de traitements différenciés
entre membres est fortement ressenti, avec à la clé
des expressions excessives de joies ou de bouderies lors de l'accueil
des gagnants sur la piste ou des extrêmes colères
et frustrations exprimées sous forme de violence dans l'enceinte
même des loges dans une impunité qui pourrait faire
paraître sévères les sanctions contre les
Balgobin et Foo Kune.
Mais il y a aussi des cultures hippiques diamétralement
opposées entre propriétaires et entraîneurs
de courses et dans ces cas-là, le divorce est sans doute
souhaitable car, pour faire partie d'une même équipe,
il faut avoir au moins la même vision et défendre
les mêmes valeurs. En tout cas, le concept d'écurie
privilégie cela et c'est la raison pour laquelle nous
nourrissons une certaine allergie à cette philosophie de
groupe qui tend à réunir plus " les siens "
naturellement et rend d'une hypocrisie criante et inefficiente
sur le moyen et long terme tout amalgame d'une autre nature. Ce
concept à la mauricienne a connu ses heures de gloire mais
il est dépassé.
Ces remous inévitables dans le schéma actuel relèvent
à la surface les problèmes récurrents de
transferts de chevaux, de la propriété réelle
de ces équidés, du paiement ou non de l'entretien
des chevaux, de la réception des stakesmoney, de celle
de la rémunération des vétérinaires
et des médicaments, enfin tous les ingrédients d'un
divorce difficile dans le domaine sur des sujets qui, en temps
de lune de miel, survit et fleurit dans un flou qui convient à
toutes les parties. Bref, le " batte batté "
mauricien par excellence. Il est temps d'en finir avec cette pratique
inadaptée aux récents avancements de notre hippisme
et de professionnaliser cet aspect une fois pour toutes afin de
se rapprocher davantage des politiques de grands centres hippiques
de la planète.
Selon des informations dont nous disposons, le Mauritius Turf
Club est saisi du problème et compte prendre les taureaux
par les cornes dans cette période où la crise économique
rend plus tendus les rapports entre professionnels de course.
Il projette dans un premier temps de faire l'interface entre ces
parties en s'assurant que les prestataires de service que sont
les entraîneurs et les vétérinaires soient
payés leur " keep " et soins par les propriétaires
et de s'assurer en retour que les propriétaires reçoivent
leur juste dû des stakesmoney récoltés par
leurs chevaux. Cette démarche est louable mais nous sommes
convaincus que ce n'est pas le rôle du MTC de brandir
la carte du paternalisme en étant partie prenante du règlement
quotidien de tous ces processus entre professionnels. Il doit
être au dessus de la mêlée et mettre en place
des structures pour que ces processus fonctionnent et sanctionner
ceux qui ne les respectent pas.
De même une réglementation pour rendre la plus transparente
possible la propriété des chevaux et libéraliser
le métier d'entraîneur serait la bienvenue.
Comme c'est le cas aujourd'hui dans n'importe quel centre hippique
mondial digne de ce nom, le propriétaire ou le syndicat
de propriétaires doit être individuellement ou collectivement
une entité acceptée selon des critères clairement
définis et égaux pour tous. Nous pourrions à
ce chapitre nous inspirer du modèle de France Galop qui
vient d'intégrer l'un de nos compatriotes, Serge Seenyen,
propriétaire de Mr Brock, désormais entraîné
par la grandissime Criquette Head, parmi les siens : "
Etape 1 : Dans un souci de préserver l'intégrité
du monde hippique, chaque nouveau propriétaire doit répondre
à une enquête de moralité et justifier de
revenus suffisants pour assurer l'entretien de son cheval. Une
fois l'agrément validé par les Commissaires de France
Galop, des couleurs et un numéro de compte à France
Galop sont attribués. Etape 2 : France Galop propose
alors d'établir les toques et casaques. Etape 3 : Choisir
un entraîneur de confiance. La relation propriétaire
- entraîneur est fondamentale dans le succès d'une
écurie de course. L'entraîneur doit donc être
une personne de toute confiance sur laquelle vous reposer. Une
convention d'entraînement établie au préalable
peut permettre de mieux formaliser cette association (frais d'entretien
du cheval, assurances, transactions, responsabilités
).
Un modèle de convention est fourni sur simple demande au
Département Propriétaires. "
Quant au métier d'entraîneur dont la plupart de ceux
qui l'exercent à Maurice sont aujourd'hui à la fleur
de l'âge, l'avenir semble des plus incertains et le secteur
reste trop étroit et fermé. S'il y a bien des fils
pour prendre le relais après avoir fait le " pupillage
" chez " papi ", la grande majorité des
entraînements n'a aujourd'hui pas de relève et des
jeunes loups bien formés aux réalités du
jour font cruellement défaut. Ceux qui prétendent
assurer à l'avenir ce délicat métier devront
au moins répondre à ces critères généralement
exigés, en Australie par exemple, pour exercer, c'est-à-dire
le Certificate IV in Racing (Racehorse Trainer) et /ou Diploma
of Racing (Racehorse Trainer) :"A racehorse trainer is
a person who is licensed to operate a business that trains horses
under racing industry regulated licensing criteria for the purpose
of competing in industry-regulated events. The trainer is responsible
for the care, maintenance and racing performance of the animals.
A trainer at this level has developed a sound knowledge of all
aspects of the industry and has acquired competencies that enable
performance of all tasks and duties associated with running a
racing establishment, including managing staff, finances and equipment.
The trainer is required to solve unpredictable problems by the
analysis and evaluation of information and demonstrate broad knowledge
in a variety of contexts. Knowledge of industry rules and legal
procedures is essential. The supply of livestock is an essential
part of the racing industry. Trainers are required to act for
owners in advising on the purchase of livestock. This involves
knowledge of pedigree, conformation and animal physiology as well
as the rules relating to partnerships and syndication."
Tout un programme qui mérite une réflexion profonde
et des actions rapides. L'hippisme mauricien aussi a besoin de
son stimulus package : de l'argent, certes, mais aussi plus de
savoir-faire et plus de responsabilité pour mériter
les indispensables propriétaires dignes, respectables et
respectés
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