Turf Magazine


Éditorial
Faites-nous vibrer! Bernard Delaitre

Le Mauritus Turf Club nous offre un beau programme à l'occasion de cette première journée classique de la saison qui aura comme point d'orgue la Leal Duchess of York Cup, auréolée de son label de course de Groupe 2. Une épreuve qui s'annonce palpitante et qui aurait gardé son cachet unique et sa magie si tous les partants étaient demeurés inédits chez nous. Dans le lot du jour deux seulement ont déjà couru (Northern Frontier et Comorant Pass) ce qui fait que finalement la course garde dans une grande mesure son pouvoir d'envoûtement car il faut davantage se baser sur le palmarès dans le pays d'origine et l'entraînement local pour faire son choix. Cette découverte en direct du talent des uns et des autres a fait la grandeur de cet événement qui marquait dans le passé l'ouverture de la saison hippique et lui donnait une impulsion nécessaire, car d'emblée ile faisait grimper le taux d'adrénaline des turfistes et du public en général. Mais les temps ont changé et ceux qui invertissent gros dans les chevaux préfèrent avoir suffisamment de temps pour affiner la préparation de leur nouvelle importation afin d'être au top pour cette course classique. Certains d'entre ces chevaux ont même pris part à des barrier trials, ce qui a permis au grand public de les découvrir dans leur nouvel environnement. Et s'il y en a un qui a tapé dans l'œil des spécialistes dans cet exercice, c'est bien le protégé de l'écurie Gujadhur, Galant Gagnant qui sera confié à Glen Hatt alors que le jockey de l'écurie, François Herholdt, a jeté son dévolu sur Modern Monet. Mais il y a de grosses cylindrées dans cette épreuve qui n'ont sans doute pas fait le voyage de l'Afrique du Sud à chez nous sans ambition aucune, d'autant plus que pour certains d'entre eux, on a dû mettre le prix fort. Notre seul souhait, c'est que la course soit régulière et que le meilleur gagne. Faites- nous vibrer !

Il suffira de l'écrire pour que les vérités du moment se transforment, mais il est un fait que jusqu'ici il n'y a pas encore eu de gros dérapages depuis l'éviction de Sherman Brown de notre circuit hippique. Il y en a bien un qui joue avec le feu mais jusqu'ici il a bénéficié de circonstances atténuantes et d'une certaine indulgence concitoyenne. Mais cela ne durera pas et à l'occasion nous nous rappellerons à son bon souvenir. Cela dit, nous observons déjà des rapprochements et des petits coups de main, surtout entre compatriotes en course mais à ce jour on ne peut dire qu'on a franchement franchi le Rubicon. Mais la vigilance doit être de mise et la fermeté " across the board " doit être en vigueur. En effet, plusieurs gros punters ont largement laissé des plumes depuis quelques semaines et ils voudront à tout prix se refaire une santé. Il y en a même un qui a voulu s'en prendre à un palefrenier après la défaite d'un de ses chevaux récemment. Il faut juguler tout cela, sanction à l'appui, sinon les grandes manœuvres font refaire surface.

Après des débuts plutôt moyens des enjeux, on note depuis deux semaines une remontée graduelle des masses monétaires sur les différents paris engagés sur les courses hippiques et cela est une nouvelle encourageante, mais la concurrence fait rage. Avec la fin des grands championnats européens de football, l'attention des parieurs va être davantage axée en direction des courses et il est primordial que l'industrie hippique projette l'image la plus revalorisante possible pour ramener au bercail les brebis égarées. L'équation hippisme=truquage=dopage doit être durablement remplacée par course=spectacle=sport dans l'imaginaire de nos concitoyens. Nous en avons les moyens avec le plateau relevé de chevaux et de jockeys que nous avons sur place actuellement. C'est à ce prix - et tous les acteurs de l'industrie doivent s'y engager de façon responsable et résolue - que nous redorerons le blason de cette activité que nous aimons et qui contribue à notre gagne-pain à tous. C'est aussi le passeport indispensable pour une délocalisation vers le nouvel hippodrome, celui de Côte d'Or étant en compétition avec la proposition de Médine pour un terrain à Pierrefonds, passage obligé pour intégrer le circuit mondial avec respect - tout en conservant le Champ de Mars pour des carnavals en hiver- sur lequel l'administration actuelle du club planche. Le rebranding de nos courses passe par ces étapes importantes et nous devons nous inspirer en la matière de ceux qui ont inventé ce sport et qui travaillent, eux aussi, sur une nouvelle image de leurs courses en déclin dans le sillage des scandales qui l'ont secouée dans un passé récent. Nous livrons à toute fin utile l'articulet daté du 12 mai dernier concernant le UK racing: "British horseracing launched a five-year marketing plan yesterday in the hope to rebrand the sport as a "new British classic" and broaden its appeal to the British public. The rebrand is the result of months of interviews and workshops with racing professionals, race-goers and punters and has cost £250,000 to develop. Harrison Fraser's research found that around 10 per cent of the British population goes to the races at least once a year, a third of which attend on a regular basis. The rebrand's goal is to ultimately convert irregular racegoers into more regular ones and reach out to around 90 per cent of the population who never go to watch the sport. "If racing came to life as a person," said John Harrison, one of the firm's senior partners. "We think it would be a bit of a Brian. Brian is traditional and British and thinks in quite an old-minded way. He's got a group of friends that are very loyal, and when they get together they have a fantastic time, but then talk in a language that no one else can understand." "Five years in the future, if you have created the ideal racing experience for everybody, the picture is of a Ben industry. Ben is younger-minded than Brian, more worldly, in touch with a new generation but the nice bit about him is that he can talk to your grandmother but equally he can talk to your teenage kid." Harrison added that racing has the opportunity "to be famous for creating a new British classic brand.".