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Les amoureux de belles courses et du talent à l'état
pur ont été servis samedi dernier au Champ de Mars
et tout le monde s'en réjouit. D'abord le cheval Short
Corner qui a aligné sa sixième victoire consécutive
à Maurice dans un style remarquable au terme d'un parcours
difficile où certains de ses adversaires étaient
plus intéressés à lui rendre la vie dure
qu'à défendre leur propre chance. Ce qui démontre
qu'il en a encore sous les sabots. Son incursion dans la cour
des grands après une progression constante dans l'échelle
des valeurs en catégorie inférieure s'est jusqu'ici
soldée par deux succès, mais le handicap était
définitivement à son avantage et il peut s'estimer
heureux que l'un de ses adversaires du jour, Flavius, n'ait
pas eu toutes ses aises en fin de parcours. Désormais,
sa tâche s'annoncera plus problématique en pareille
compagnie, mais ce cheval généreux doté de
vitesse initiale et d'une accélération foudroyante
en fin de parcours peut encore nous étonner. En tout cas,
on se délecte d'avance des belles joutes qui s'annoncent
dans les semaines à venir, en particulier avec le retour
annoncé de Sentinal
L'autre fait d'armes de cette journée fut sans conteste
le premier coup de quatre réalisé cette saison
par l'écurie Rousset. On connaît les qualités
de préparateur de Gilbert Rousset et de son assistant Soodesh
Seesurrun et on ne s'étonne pas de cette réalisation
mais il est un fait qu'elle a aussi été accomplie
grâce à l'apport du jockey Shane Dye qui a confirmé
sa réputation de sérieux et de maîtrise, au
dessus de la moyenne, de son métier qui, lorsqu'il est
accompli a ce niveau, devient de l'art. On avait pu craindre un
instant que ce jockey qui a connu l'apothéose de sa profession
en Australie et à Hong Kong avait perdu de sa motivation
après son terrible accident en course dans la péninsule
chinoise et le fait qu'il ait été laissé
sur la touche depuis plus d'un an à Sydney pour des raisons
peu claires. Mais, samedi dernier, il nous a rassurés.
On ne peut qu'espérer qu'il continue sur cette lancée
et qu'il ne se laisse pas prendre par le virus mauricien qui entraîne
ceux qui le veulent dans d'autres voies que celles du succès
et du respect des turfistes. Déjà, dit-on, des vautours
lui tournent autour. En tout cas, avec l'arrivée cette
semaine de Danny Nikolic, un autre grand de l'hippisme australien,
la compétition s'annonce de haute volée avec la
présence d'autres jockeys confirmés chez nous, comme
Glen Hatt et Gaëtan Faucon.
Pour que cette compétition soit la plus palpitante il faut
aussi que les chevaux soient au meilleur de leurs possibilités
lorsqu'ils sont entrés dans une épreuve. Un courrier
dans le dernier Racetime, magazine officiel du Mauritius Turf
Club (MTC) signé d'Avinash Heeralall, nous interpelle à
plus d'un titre. Ce membre du MTC affirme en substance qu'il "was
quite surprise that Gold Bid was allowed to take part in the feature
race of the third meeting
My concern is that the horse was
unfit to race. It has been carrying an injury to the left hind
fetlock for at least two weeks prior to taking part in that race
and with visible signs of swelling/lameness. I would like to be
clarified on which grounds and/or veterinary advice this horse
was declared fit to race as in my opinion it was not in the general
interest of the public. The horse's dismal performance is well
reflected in race steward's report and it is unfortunate that
the horse had to be retired after this race". A quoi
les officiels du MTC lui ont répondu que le cheval avait
été examiné par un vétérinaire
du club et qu'il avait été déclaré
apte à courir
Cette réponse laconique et peu convaincante eu égard
à l'état réel de ce cheval avant la course
et sa performance médiocre démontre qu'il y a une
certaine gêne quelque part
Nous ne polémiquerons
pas davantage sur cette affaire, car il y en a d'autres, mais
elle est, à notre sens, le reflet d'un défaut de
synergie totale, constante et basée sur une confiance absolue
entre les trois instances maîtresses du contrôle des
courses que sont les Racing stewards, le laboratoire et les vétérinaires.
Ray Murrihy, le chief Stipe de Sydney expliquait en substance
tout cela lors de la 11eme conférence des Racing Analysts
and Veterinarians qui s'est tenue dans le Queensland récemment:
" The integrity of racing, and the accountability of its
participants, rely heavily on the team work between these 3 vital
industry players
In addition to the provision of a level
playing field, these industry players are responsible primarily
for maintaining public confidence in the industry at large and
also to reinforce standards of horse welfare acceptable to the
community."
Et là, sans vouloir mettre en doute les compétences
et l'intégrité des uns et des autres, il apparaît
que le rôle du vétérinaire à Maurice
est pour l'heure la maillon faible de cette trilogie. Et cela
pour une raison bien simple : conflit d'intérêt.
Car les vétérinaires qui travaillent pour le MTC
sont aussi les prestataires de service des chevaux qu'ils doivent
contrôler. Nous insistons sur le fait qu'il ne s'agit pas
ici de pointer du doigt l'un ou l'autre de nos vétérinaires
qui se dévouent corps et âme pour nous présenter
en courses des chevaux dignes de ce nom, mais il s'agit ici d'un
principe de base qui rassurerait le public. Les commissaires administratifs
ont désormais le devoir d'agir dans ce sens : les courses
mauriciennes ont besoin d'un vétérinaire indépendant
et d'expérience, employé par le club, et qui ne
travaillerait pour aucune des écuries en compétition.
" The veternarian must always adopt an independant stance
and provide stewards with professionnal unbiased and objective
advice
" ajoute Ray Murrihy dans son exposé
dans lequel il affirme aussi avec force, au chapitre Determinig
fitness to race, que : " the power to withdraw
a horse from its race engagement is held solely by the stewards.
The veterinarian cannot independently make such a decision
At
requests for examination from the parade to the barrier loading,
the veterinarian must make a subjective judgment and, if any doubt,
recommend the withdrawal of the horse."
Avec ces principes énoncés dans une totale clarté
et transparence on aurait sans doute fait l'économie des
interrogations salutaires, pour ne pas dire des insinuations,
de Mr Heeralall et produit des explications plus fournies et
acceptables sur ces étranges permissions de courir
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