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Il ne manque que le communiqué pour le rendre officiel,
mais la nouvelle a été confirmée : les commissaires
administratifs ont gelé le changement de règle
imaginé dans le cas des overweight et ont décidé
qu'il ne rentrera pas en vigueur cette année. Une décision
avisée et logique qui doit cependant être finale.
Point à la ligne. Il n'y a pas à ménager
le chou et la chèvre. Il faut de temps à autre un
remède de cheval pour remettre les choses dans leur vraie
perspective et la direction du club a eu raison de démontrer
que les garde-fous fonctionnent et on ne peut qu'être rassuré
de ses bonnes intentions.
Cela dit, les problèmes du handicap ne sont pas pour autant
tous réglés, surtout ceux intervenant dans le sillage
de modifications permanentes de fourchette de rating dans les
conditions de courses. A terme, selon l'avis de nos experts, elles
perturbent l'allocation des pénalités et rendent
illogique l'évolution des ratings attribués aux
chevaux. On peut comprendre que cette politique d'adaptation des
fourchettes de rating résulte du souci d'engager le maximum
de chevaux dans une course pour rendre le betting plus intéressant,
mais une utilisation judicieuse de cette "anomalie"
par des entraîneurs ayant une bonne maîtrise du handicap
mettrait régulièrement certains de leurs coursiers
dans une position avantageuse mais injuste. Une analyse approfondie
de cette question par un comité d'experts permettrait
de confirmer sans doute nos craintes mais, en tout cas, elle rassurerait
tout le monde sur les bonnes intentions de la direction du MTC.
De bonnes intentions qui doivent être suivies par une politique
transparente et impitoyable à l'encontre des jockeys fautifs
d'incartades graves en course dans notre pays. Aujourd'hui, dans
les circonstances de concurrence maximale, tout dérapage
pouvant ternir sa réputation est un véritable crime
contre l'industrie hippique tout entière. Et ces fautifs
doivent être éjectés sans ménagement.
Dans ce chapitre, la deuxième faute qui a entraîné
la nouvelle suspension du jockey de l'écurie Fok, Sherman
Brown, en trois journées seulement alors qu'il est encore
dans l'attente d'un appel pour le premier cas pour lequel il a
plaidé coupable est révoltante et démontre,
s'il le fallait, que la sanction précédente n'avait
rien de dissuasif.
C'est un secret de polichinelle qu'avant même que ne débute
la saison les jours de Sherman Brown dans notre pays étaient
comptés. D'ailleurs, dans le giron même du Mauritius
Turf Club (MTC) et des quartiers de son écurie, on ne souhaitait
pas sa venue, mais le fait qu'il est un des jockeys champions
sortants a fait que moralement cette interdiction de monter n'était
pas envisageable.
On ne pleurera pas sur son sort, même s'il est évident
qu'au bout du compte il n'est aussi qu'une victime d'un système
où il n'a souvent qu'un choix: celui d'obéir aux
ordres pour commettre ces incartades . Des ordres de qui ? Pourquoi
? Ces questions pertinentes ne semblent intéresser personne
puisqu'elles pourraient s'avérer embarrassantes. Mais tant
qu'on aura pas le courage et la volonté d'inquiéter
les vrais commanditaires de ces actes manqués, ceux-ci
continueront à se perpétrer avec - lorsque la faute
est trop grossière - à la clé l'éjection
du jockey, complice consentant, qu'on remplacera par un autre
comme une vulgaire paire de chaussettes.
Exit Brown, enter Danny Nikolic. L'ecurie Fok, qui connaît
un début de saison laborieux - contrairement au départ
canon de Serge Henry qui cumule au compteur déjà
sept victoires en trois journées- affiche clairement ses
ambitions en engageant un jockey de premier plan venu d'Australie.
On a dû mettre le paquet et avoir des arguments sonnants
et trébuchants pour se payer les services d'un jockey de
ce calibre. S'il se montre à la hauteur de sa réputation,
Danny Nikolic pourrait rapidement jouer les premiers rôles
d'autant plus que l'écurie Fok entend bien décrocher
le titre qui lui a échappé de si peu ces dernières
années. Avec son compatriote Shane Dye et le Sud-Africain
Glen Hatt, des anciens qui ont encore de beaux restes, et le Français
Gaëtan Faucon, au sommet de son art ces jours-ci, cela faisait
longtemps qu'on n'avait pas eu une si belle brochette de jockeys
de talent au Champ de Mars. Cela nous promet de belles joutes
à condition bien sûr que seule la compétition
les motive tous.
En tout cas, avec la présence de ces deux jockeys populaires
australiens qui ont toujours fait partie du top ten de leur pays
à Melbourne et à Sydney, jamais la presse, pas seulement
hippique de ce pays, n'a autant parlé de notre pays. Un
superbe coup de pub qui démontre que l'hippisme peut nous
remettre sur la carte mondiale pour de bonnes raisons. C'est peut-être
le moment pour les responsables de notre industrie hippique de
nouer les contacts avec leurs homologues australiens et développer
des partenariats qui ne pourront que tirer nos courses vers le
haut.
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