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Les fortes pluies de la fin de semaine dernière avaient
un instant fait craindre une annulation de la deuxième
réunion hippique de l'année, mais les cieux ayant
calmé leurs ardeurs, les dirigeants du Mauritius Turf Club
ont pris la bonne décision de maintenir cette journée
malgré la piste détrempée. Bon nombre de
turfistes mauriciens et la plupart des professionnels de courses
ne sont pas très friands de ce type de conditions rarissimes
car les données changent et la maîtrise sur le déroulement
des courses n'est plus aussi évidente. Mais il faut accepter
de temps à autre que les chevaux qui apprécient
le terrain lourd, les nageurs, soient dans leur élément
de prédilection.
En tout cas, les pronostiqueurs et les parieurs ont été
déroutés par les résultats de certaines courses
et le carry forward des Pick 6 et Pick 7, entre autres,
illustrent bien cette situation. Mais ce serait naïf de tout
attribuer au mauvais terrain qui s'est, il est vrai, détérioré
au fil de l'après-midi et les jockeys ont allégrement
abusé de la largeur de la piste pour rechercher le bon
terrain en délaissant la corde devenue au fil des courses
un champ de labeur. Il y a aussi à ce stade de la saison
la condition physique avancée de certains concurrents qui
a fait parler la supériorité des uns sur les autres.
Et il demeure toujours des performances qui nous laissent pantois
On attend les prochaines sorties de ces chevaux "surprises"
avec impatience.
La déception cette semaine est venue de l'excellent coursier
Hold My Jacket, considéré comme la certitude
du jour, qui a échoué d'une tête après
avoir pourtant fait une course idéale comme lors de la
journée internationale. Soit ce cheval a de vrais problèmes
de tenue engendrés cette fois par l'état de la piste,
soit il a une fâcheuse tendance à mettre les freins
lorsqu'il se retrouve en tête loin du poteau d'arrivée.
En tout cas, en fin de course, il a montré une belle combativité
et il ne devrait pas tarder à retrouver la winner's
enclosure lorsque son entraîneur et son jockey auront
trouvé le bug. Autrement, ce sont les chevaux de
l'écurie championne, Serge Henry, dans une condition remarquable,
qui ont tapé dans l'il des observateurs. Soul
Power et Quinn continuent à étonner suite
à leur série victorieuse de l'année dernière
alors qu'Anti-Freeze a montré de réels moyens
dont on attend confirmation dans la foulée. Ce triplé,
qui survient après le doublé de la journée
initiale en dit long sur les ambitions de l'écurie Henry,
d'autant plus que son jockey Gaëtan Faucon monte en grande
confiance. Les chevaux du runner-up des écuries, Fok, ont
aussi montré de bonnes dispositions et les victoires en
série sont tout proches. En tout cas, il faudra compter
avec le nouveau Northern Frontier dans la Duchesse 2009.
Il y a une question qui taraude le monde hippique en ce moment.
Les turfistes voudraient savoir comment les décisions concernant
les courses sont prises, quand, pourquoi, par qui. Est-ce la vision
unilatérale du Director of Racing ou l'émanation
d'un comité de sages dédié à cette
fin ? À moins qu'il n'y ait pas suffisamment de compétences
au sein de l'institution pour tackle ces technicités
hippiques, ce qui donne de facto carte blanche à M. Ian
Paterson.
Ces interrogations illustrent l'exemple même de ce qui peut
entraîner à terme un malaise plus profond si les
choses ne sont pas prises en main au moment opportun. Sans qu'il
y ait vraiment contestation des décisions prises, des voix
hippiques s'élèvent - mais veulent demeurer anonymes
pour se mettre à l'abri des foudres inutiles - pour exprimer
l'inquiétude et le regret d'être des left-outs
dans le processus de réflexion et de prise de ces décisions
capitales.
Ainsi, les récentes propositions pour ce qui est du changement
des règles du handicap concernant le overweight
ont été plutôt mal perçues car il n'y
aurait pas eu de discussions préalables concernant le problème.
Il a fallu une protestation des entraîneurs pour que cette
question soit prise sur le fond avec eux. On ne sait si le panel
des handicapeurs, qui demeure dans un mutisme inquiétant
dans un état de droit, a été consulté
ou mis devant le fait accompli. Mais il est clair que cette histoire
embarrasse car personne au MTC, hier, ne pouvait nous confirmer
avec certitude si cette règle avait été finalement
entérinée ou non. En tout cas, aucune information
ne figure à ce sujet sur le site Internet du MTC et aucun
communiqué n'est parvenu à nos salles de rédaction.
De quoi s'agit-il ? Dorénavant, les chevaux dont les jockeys
n'ont pu faire le poids ne seront pas pénalisés
à partir du poids qu'ils ont porté en course, en
cas de victoire ou d'accessits, si leur overweight dépasse
1,5 kg. À titre d'exemple, si un cheval a porté
3 kg de surcharge, son poids de référence ne serait
que 1,5 kg de son poids inscrit au programme. Une remise en cause
illogique d'un principe fondamental du handicap.
D'abord, peut-on changer les règles alors même que
la compétition a déjà commencé ? Non,
généralement, car ces changements peuvent ne pas
toujours garantir le fairness. On a bien vu l'an dernier
combien la modification des règles en cours de saison concernant
l'attribution de l'écurie championne avait sensiblement
perturbé cette compétition. Pour changer un règlement
aussi important, il faudrait une cause majeure avec l'assentiment
fort de toutes les parties et non d'une faible majorité
émanant de l'appui des professionnels (?) de courses avouant
leur incompréhension du sujet.
Notre consultant et spécialiste en matière de handicap
nous affirme que cette question d'overweight ne se poserait
pas si on se passait des courses de rating à 60+ alors
qu'il existe des courses de rating à 65+. Car, en jetant
un coup d'il sur les effectifs des écuries, on note
que les chevaux figurant dans la fourchette de rating 60-64 se
comptent sur les doigts d'une main et ne concerne qu'une infime
minorité, ce qui est certes insuffisant pour modifier une
règle d'or du handicap qui veut que le cheval soit jugé
sur le poids effectivement porté en course et non celui
figurant au programme ou encore moins modifié par des règles
atténuantes. D'autre part, il existe des jockeys (pas des
apprentis) qui montent à 50 kg et si l'entraîneur
décide de confier la monte à son jockey titulaire,
c'est qu'il considère que malgré cette surcharge
de poids son cheval a plus de chance. S'il a profité de
ce choix en gagnant, pourquoi donc lui faire cette faveur ?
De toute évidence, même si la motivation peut paraître
louable, c'est-à-dire avoir des capacity fields
dans les épreuves principales, cette tendance de modifier
des règles en cours de route est dangereuse, d'autant plus
qu'elle ne concerne que peu de chevaux, et la corrélation
qu'on tente de faire avec l'augmentation du poids minimum ne tient
pas la route.
Il y a définitivement un bug dans le processus de
prise de décision en matière purement hippique en
ce moment et il serait dangereux et de mauvais conseil de laisser
se développer un one-man show qui a été si
néfaste à notre industrie dans le passé.
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