Turf Magazine


Éditorial
Committed to horse racing Bernard Delaitre

Le Mauricien Ltd et les courses, c'est une longue histoire d'amour. Depuis l'origine du quotidien "Le mauricien", alors dirigé par Eugène Henry, ancêtre des Henry, Serge sr., Philippe et Serge jr, tous trois entraîneurs hippiques champions, jusqu'à ce qu'il soit acquis et inscrit dans la mémoire mauricienne par Raoul Rivet, lui-même un amoureux incontestable de la chose hippique ayant été en son temps un propriétaire passionné et récompensé, ce lien avec l'hippisme n'a jamais été démenti. Il a même été renforcé par les liens de sang lorsque Jacques Rivet, le fils, Jean Delaitre, le gendre, et Jeannot Delaitre, le petit-fils ont cultivé haut cette flamme pour les courses. L'intégration dans le groupe de la rue St. Georges, de l'œuvre de Michel Béguinot (Franco), l'ami intime, malheureusement rappelé trop tôt dans l'autre monde, et son épouse Margaret qui ont crée ce magazine, est venue démontrer ce fort engagement pour l'hippisme local

Cette passion a été relayée et retransmise avec la même ferveur et intensité par les journalistes hippiques du groupe, le maître Jocelyn, le regretté Baby, Rashid, Shan, François, Stellio, Alain, Naresh, Daniel, Denis, Nicolas, Bernard, Patrick, Reza, Luc etc…, et d'autres corps de métier du groupe, animés entre autres par Gaëtan et Dario, qui font la force et la fierté de tous les titres du Mauricien Ltd.

Les relations n'ont pas toujours été cordiales avec des dirigeants du Mauritius Turf Club et il ne faut pas écarter d'autres accrochages ou conflits si d'aventure les actions de l'organisateur ne nous semblent pas en ligne avec notre vision des courses mauriciennes. Mais ces guéguerres nécessaires pour l'avancement de la chose hippique ne renient nullement le respect mutuel qui existe entre nos deux institutions. Car on doit reconnaître et saluer cette existence bicentenaire, résultat d'une vision, d'un savoir-faire et d'une capacité d'adaptation, parfois tardive, aux réalités du moment.

Mais le rôle de la presse, dont celui marquant du Mauricien Ltd et son titre phare en matière hippique, Turf Magazine, dans certaines évolutions positives de l'industrie hippique ne peut être renié ni ignoré.

C'est dans cette optique que s'inscrit le patronage de cette journée inaugurale par le Mauricien Ltd et nous ne pouvons espérer que cet événement porte chance et donne un départ de choix à cette saison 2009 qui s'annonce, il ne faut pas se voiler la face, compliquée.

Compliquée car la crise économique mondiale devrait avoir des répercussions marquantes sur le chiffre d'affaires de l'industrie, et l'appel de la direction du club vers le gouvernement pour une baisse recommandée de la taxe sur les paris n'est pas innocent. D'autre part, la concurrence, un temps maladroitement minimisée par l'industrie hippique, des paris sur le football étranger qui ont connu une croissance notable pendant l'intersaison, ne peut pas être sans conséquence. C'est dans cette conjoncture défavorable, a priori, que débutera la saison hippique 2009 et chacun des décideurs de l'industrie attend fébrilement les premières journées pour en mesurer les éventuelles conséquences.

Une chose est sûre, c'est la capacité du MTC à se rendre encore plus transparent, plus rapide en communication, plus apte à divulguer toute l'information à la minute qui permettra à l'industrie hippique de combattre et de vaincre cette adversité. La presse est prête à jouer son rôle comme partenaire, pas comme concurrente. Que cela soit bien clair, il faut d'emblée se débarrasser des réflexes autarciques et laisser au placard ces retours tenaces de la rétention de l'information en temps réel. Sinon il ne faudra pas s'étonner de voir se transformer en réalité cette prophétie d'un opérateur important de paris dans notre pays qui nous confiait cette semaine: " Si les courses continuent dans la voie du passé, sans divulgation totale de l'information et la tolérance envers ceux qui manipulent certaines courses, ce sera la mort de l'hippisme dans notre pays. Car l'attrait des Mauriciens évolue vite vers le football étranger dont ils sont persuadés de leur totale régularité et intégrité."

Compliquée aussi pour la direction du club qui n'a pas vraiment les coudées franches en ce début de saison. Le déroulement des deux journées internationales a été marqué par des dérapages inacceptables et il faut dès maintenant penser à une nouvelle formule. Nous y reviendrons. L'intersaison, aussi, n'a pas été de tout repos car la gestion du club a été pointée du doigt dans la presse par des membres mêmes du board des commissaires administratifs, dont le silence pendant l'année écoulée est éloquent et regrettable. Une lettre anonyme, lâche initiative, certes, a même circulé. Puis il y a eu cette fameuse Assemblée Générale qui, quoique ayant renouvelé le mandat des gestionnaires actuels de façon sans équivoque, a aussi vu miner l'autorité des commissaires. Cette séance, certes animée maladroitement par deux jeunes - dont le père est un membre du board adminstratif- parce que excessive dans le ton et la manière, mais tout à fait régulière sur le fond pour un club trop habitué aux assemblées générales "béni- oui-oui", a démontré que les structures et statuts du MTC doivent évoluer. La suite a aussi paru excessive et a permis aux " victimes " de gagner la bataille de l'opinion publique d'autant plus que la direction du MTC a choisi pendant trop longtemps de faire le dos rond.

En tout cas, il faudra - entre la fougue, parfois incontrôlée mais combien nécessaire d'une jeunesse, surtout lorsqu'elle est teintée d'une belle dose de féminité et qui a souvent inspiré des révolutions salutaires et l'avancement d'une institution, et des " anciens ", un peu guindés certes, mais responsables car garant de l'image et de l'autorité de cette même institution - infiltrer une dose mutuelle d'humilité et de réalisme afin que chaque partie mette de l'eau dans son vin pour sortir de cette crise, car l'hippisme mauricien en ce début d'année 2009 doit faire l'économie de querelles intestines et inter générations au sein du MTC.

Les défis 2009 sont nombreux et lourds à relever dans le domaine hippique aussi. L'union fera la force, mais une opposition saine ne fera pas de mal non plus si d'aventure la direction du club se laissait déborder par des forces occultes qu'on annonce puissantes. Si tel est le cas, nous nous manifesterons avec fermeté et force, car notre mission première demeure la défense de l'intérêt des turfistes et la pérennité des courses parce que nous sommes committed to horseracing et rien n'entamera cette volonté et ce devoir sacré.

Bonne saison !